On arrive au bout

Les tracasseries administratives pour pouvoir utiliser l’appellation « GITE » sont presque terminées, enore un petit papier à obtenir lundi et tout sera enfin complet. Ouf, les démarches auront duré plus de 3 mois pour obtenir ce simple label qui nous permettra d’ouvrir la maison à tous. Désormais et compte tenu des expériences de ces dernières semaines, la location se fera exclusivement à la semaine. Les tarifs vont également devoir être légèrement augmentés à partir de janvier suite à la décision de la commune de prélever une taxe de séjour. Les frais d’électricité ont également flambés comme partout en Europe.
Nous serons également amenés à être plus sévère avec les occupants qui devront absolument approuver les consignes d’occupation de la maison blindée. Nous allons prévoir une heure d’information avant l’occupation. On s’est rendu compte que certains occupants généraient, par méconnaissance, leurs pollutions électromagnétiques en ne sachant pas désactiver certaines fonctions de leurs appareils. Dans une maison blindée, ça ne pardonne pas. Internet est disponible en câblé, une TV est aussi présente, on peut donc rester informé et connecté au monde extérieur, ce n’est pas une prison.
L’information est primordiale surtout pour les nouveaux EHS qui ne maitrise pas encore toutes les subtilités des nouvelles technologies.
Cett maison est également un bon concentré des moyens techniques à mettre en oeuvre pour protéger son lieu d’habitation efficacement contre la pollution électromagnétique.
Vous avez des questions ? Profitez de votre séjour pour les poser, nous disposons maintenant d’une bonne expérience pratique et nous pouvons vous montrer les échantillons des différentes solutions à mettre en oeuvre.
Au plaisir de vous recevoir en 2023.

Noël est à nos portes avec son lot de cadeaux sous le sapin. Je ne sais que choisir entre un smartphone 5G, une nouvelle box wifi, un frigo smart ou … Plus le temps passe, plus nous crions au loup et plus le loup galope vers nous. Il semblerait que les carottes sont cuites et que plus rien ne pourra arrêter la dérive numérique. Notre pays est en retard pour la 5G au regard de la Chine et de la Corée, chez nous c’est Ericson qui semble avec Nokia avoir pris les marchés auprès des opérateurs. C’est bon pour l’économie européenne.
Telenet avec sa filiale Tadaam se targue de son nouveau système de fixe sans fil pour couvrir les zones blanches. Un modem livré par la poste, une carte Sim et le monde s’ouvre à vous, plus besoin de câble, de raccordement filaire avec l’opérateur, tout passe par les antennes. C’est vraiment une belle solution pour couvrir les zones qui résistent encore et toujours à l’envahisseur.
Cette prolifération de la technologie va encore densifier le smog électromagnétique et nos cris, nos revendications semblent être totalement absents du débat. Il n’y a pas de débat, il y a eu un semblant d’écoute et de considération mais maintenant l’heure n’est plus à la dramatisation mais bien à la rentabilité. Nous sommes en retard et nous devons rattraper.
La protection individuelle va devenir la règle pour les EHS. Il va falloir apprendre à mesurer, à évaluer la pollution et à se protéger de façon efficace. Nous allons devoir intégrer de nouveaux comportements de vie pour survivre le temps que cette pollution électromagnétique touche une plus grande parti de la population et que nous représentions enfin une quantité non négligeable pour les politiques.
« Un lieu de vie pour EHS », n’a pas attendu l’arrivée massive de cette pollution pour tester et mettre en avant des solutions de protection efficaces et réaliser une maison témoin qui devra servir de lieu d’apprentissage pour se préserver dans son lieu de vie. Pour les activités extérieures, nous devons apprendre de nouveaux comportements et apprendre à vivre dans un monde pollué.

La tour de babel des ondes

Stralen, Wave, welle,, onda, onde, … Peu importe la langue, cela reste une de nos préoccupation majeure. Mon but n’est pas de maitriser toutes les langues mais bien de réduire l’effet des ondes sur notre santé. Je n’ai malheureusement pas le don des langues mais j’ai acquis une certaine expérience dans le domaine des ondes. Le lieu que nous mettons à la disposition des EHS n’a pas de barrière linguistique ou culturelle. Nous recevons avec le plus grand plaisr des français, des hollandais et autres nationalités. La langue d’échange est souvent l’anglais pour des questions de facilité. La problématique des ondes n’est pas linguistique et les termes 2G, 3G, 4G, 5G, WIFI, bluetooth sont des notions compréhensibles pour tous et qui n’ont pas besoin de traduction.
Je n’oblige personne à me lire et je n’ai jamais demandé à personne de traduire son article pour me permettre de le comprendre, je fais les recherches de mon côté.
Bonne journée, good day, fijne dag, buen dia, buona giornata, …

Protections incendies

Pour permettre l’accès à la maison protége des ondes, j’ai du mettre en place des protections incendies validées par un expert et produire une série de rapports pour le gaz, l’électricité, etc… Cette procédure très lourde et coûteuse est nécessaire pour permettre l’accueil de personnes dans ce logement. Je rêve d’une procédure similaire pour la protection des maisons contre la pollution électromagnétique. Hélas, des mesures du même ordre mettrait la majorité de la population dans l’impossibilité d’encore vivre chez elle. Les appartements, les maisons seraient dans leur grande majorité considérées comme insalubres sur le plan de l’hygiène électromagnétique.

Les pollutions issues de l’extérieur nécessitent des moyens importants au niveau des protections à mettre en place et il est préférable de consacrer au maximum son énergie à la protection des lieux de repos. La pollution issue de l’intérieur peut dans une certaine mesure être plus facilement contrôlée par la mise en place de comportements raisonnés. Les basses fréquences sont partout où il y a un raccordement électrique et où des appareils sont en fonctionnement.

Dans la maison blindée que nous avons réalisée, une attention toute particulière a été accordée à cette problématique en mettant en place des câbles blindés et en utilisant des interrupteurs sans fils pour la commande des éclairages et de certains circuits. Cette technique pas plus onéreuse qu’une installation traditionnelle offre de nombreux avantages surtout dans une maison en bois. Fini les kilomètres de câble qui courent dans les murs pour alimenter les interrupteurs. Cela diminue drastiquement la propagation des basses fréquences.

Trouver un lieu de vie compatible

Vous habitez un environnement fortement exposé aux champs électromagnétiques, vous avez fait appel à un spécialiste dans la détection et le verdict est sans appel. Votre santé est en jeux et votre équilibre familial, social ou mental est maintenant en jeux. Les solutions proposées pour rendre votre habitation plus ou moins protégée de cette pollution sont onéreuses voire impossibles à mettre en œuvre. Vous décidez de déménager et de chercher un nouveau lieu de résidence pour vous et votre famille. Vous arrivez à mettre de côté les contraintes scolaires, familiales et professionnelles et vous vous lancez à la recherche d’une maison à acheter ou à louer (c’est notre parcours). Cette démarche est complexe et nous allons vous expliciter une façon d’aborder cette aventure.

Théorème de départ : votre santé est en jeux et vous avez les moyens financiers pour trouver une solution.

La zone : vous identifier une région (voyez large) qui vous conviendrait et vous commencez à répertorier l’offre immobilière dans une certaine zone. Se déplacer pour aller mesurer sur place chaque bien proposé est une méthode fastidieuse. A l’aide d’un logiciel immobilier, vous pouvez identifier l’ensemble des biens dans la zone voulue. Ensuite à l’aide de logiciels sur internet vous pouvez localiser le bien envisagé par rapport à l’exposition aux antennes et vérifier, la distance, les technologies et l’orientation des antennes. Vous pouvez également visualiser la proximité avec les voisins et la pollution éventuelle par WIFI ou DECT.

Vous avez identifié un ou plusieurs biens, vous pouvez alors vous rendre sur place. Dans notre cas, nous avions identifié 4 biens en 6 mois et parcouru 10000 km à travers toute la Wallonie.

L’approche extérieure : au moyen d’appareils de mesure, vous pouvez, une fois sur place mesurer la pollution de l’environnement proche et la recouper avec ce que vous avez pu identifier sur carte. Il faut encore un peu discuter avec les voisins et se renseigner sur l’implantation future ou la modification des antennes repérées. Paradoxalement, on apprend plus de choses quand on se plaint d’un manque de réseau. N’hésitez pas à utiliser des logiciels sur votre portable pour identifier les sources WIFI des voisins.

Vous pensez avoir trouvé le bon endroit et vous désirez aller plus loin dans vos critères de sélection.

L’approche intérieure :  Vous prenez rendez-vous pour visiter le bien et vous n’hésiter pas à arriver en avance pour éventuellement rencontrer directement le vendeur avant l’arrivée de l’agent immobilier. Il ne faut pas préciser que vous êtes à la recherche d’un bien sans ondes mais bien que l’aspect connectivité est essentiel pour votre activité. Les langues vont se délier et vous apporteront des précisions sur les projets futurs d’implantation d’antenne. Un appareil de mesure style Cornet est pratique à sortir à ce moment-là pour mesurer les hautes fréquences. Questionnez sur les vitrages (athermiques ?), type de châssis (bois, alu, PVC renforcé), type d’isolation (PIR, pare-vapeur alu ?), types de cloison (armature métallique, maçonnerie, …)
Exigez de connaître la mesure de la terre et à connaître à quand remonte la dernière modification de l’installation électrique et la date de visite de l’expert. Ce n’est pas un simple document à remettre au notaire mais plus une information vitale pour vous. La mesure des basses fréquences risque d’être polluée par les appareils en fonction chez le vendeur, à contrario, une maison vide ne vous permettra pas d’évaluer la pollution électromagnétique si le compteur est débranché. Globalement, une maison traditionnelle ne présente pas une installation conforme à la sensibilité d’un EHS et il faut plutôt voir le bien dans sa possible adaptation en termes de circuits électriques compatibles à une sensibilité aux basses fréquences. De nombreuses questions et inquiétudes resterons sans réponses par rapport à un bien parfait pour un EHS. Il faudra faire des compromis mais surtout essayer de mettre toutes les chances de son côté sans exploser son budget.

Les autres aspects (financiers, localisation, accès, …) vont maintenant venir renuancer votre décision éventuelle d’achat ou de location. L’aspect émotionnel doit être écarté et l’aspect sanitaire doit être mis en avant car le lieu de vie que vous choisirez déterminera votre chemin de vie pour quelques années.

Iceberg de l’EHS

J’ai suivi dernièrement avec attention et grandes difficultés une conférence vidéo avec Paul Héroux et d’autres invités organisée par « 5G alert Westchester ». Mon anglais scolaire est malheureusement insuffisant pour apprécier toutes les subtilités. J’en ai surtout retenu les interventions de Héroux et du docteur Goldberg du Novuveau Mexique qui présentait sous forme d’iceberg la face cachée des effets de la pollution électromagnétique sur notre santé. Mon épouse infirmière m’a aidé à traduire les termes médicaux trop techniques. Du diabète aux trouble de l’attention, un lien est clairement établi par cette doctoresse entre les CEM et certaines pathologies dont les effets peuvent se révéler à plus long terme. Comme le dit la doctoresse Milbert, l’EHS est vraiment une sentinelle, le canari jaune des ondes. Les faits exposés par la doctoresse Goldberg sont présentés avec des articles scientifiques à comités de lecture et ne laissent plâner aucun doute sur le lien entre les ondes et notre santé.

Le Dr Paul Héroux nous explique l’origine des normes en vigueur aux US et dans notre société occidentale. Ces normes fixées après des expériences sur des singes et l’application d’un coefficient de sécurité sont basées sur des considérations purement thermiques qui devaient laisser libre champ à l’armée et aux industries pour l’exploitation et le développement de cette technologie. Tout est dit.

Les propos du Ministre-Président

Le Ministre-Président Wallon a été interviewé le 7 novembre dans l’émission radio « l’invité de 7h50 » sur Bel RTL. Il nous a parlé de l’augmentation des normes en Wallonie concernant l’arrivée de la 5G. Il justifie cette augementation (passage de 3V/m à 9 V/m) par la nécessité de s’adapter pour que la Wallonie reste au TOP de la technologie dans ce domaine. Cette mesure va être accompagnée par des critères de surveillance des opérateurs en matière de sécurité des usagers. Il parle des personnes électrohypersensibles (EHS) et reconnait donc implicitement leur existence. Merci Monsieur Di RUPO. Je ne me fais pas beaucoup d’illusion sur les mesures qui vont être prises et sur la composition des commissions chargées de faire rapport et de surveiller la mise en oeuvre du processus. L’avenir nous permettra de juger l’efficacité des mesures mises en oeuvre. Monsieur Di Rupo parle de surveiller les pylones, aurait-il peur qu’ils bougent tout seul ?

Schéma d’évolution

Nous devons distinguer parmi 3 types de population différentes dans l’accès à notre maison blindée :

A) Le citoyen lambda pour lequel les ondes ne présentent aucun effet sur sa santé et cette technologie lui permet d’accéder à toutes les facilités du monde moderne. S’il vient chez nous, c’est soit pour tenter une déconnexion numérique ou prouver que cette maison est un canular et qu’il peut utiliser son smartphone en toute quiétude et continuer à dormir sur ses deux oreilles.

B) L’émergent qui a entendu parlé des ondes et qui se pose des questions sur certains troubles de santé pour lesquels son médecin ou les médecines alternatives n’ont pas de réponses efficaces. Il a déjà essayé de nombreux traitements sans effets et il continue à utiliser son smartphone. Il prend quelques précautions mais ne veut pas faire le lien car les conséquences sur sa vie serait trop compliquées à gérer. Venir au 63 B est une sorte de test pour voir si certains symptômes disparaissent dans un endroit peu exposé. En fait, il veut savoir mais à très peur du verdict.

C) L’EHS assumé est un terme qui couvre une population très diversifiée de personnes qui sont reconnues EHS ou se sont autodiagnostiquées EHS. Les symptômes et les degrés de susceptibilité varient très fort entre les individus. Cela va de légères migraines à une intollérance totale aux ondes hautes et basses fréquences avec également des chimicosensibles. Pour cette catégorie, la vie est un vrai calvaire et une recherche constante de lieux de vie ou de astuces pour rendre leur vie plus supportable.
Ils ont essayé tous les moyens et se soumettent à des régimes très sévères. Ils ont souvent rompu avec leur famille, ont perdu leur boulot et sont en errance permanente dans des conditions souvent précaires.
Le 63 B est l’occasion de déposer pendant quelques jours les valises et de récupérer un peu pour prendre le temps de faire le point et d’explorer à l’abri des ondes des solutions d’avenir. Le 63 B fait partie d’un concept plus global « un lieu de vie pour EHS » : qui a pour but de présenter de façon objective les moyens techniques à mettre en oeuvre pour protéger son domicile, c’est aussi un lieu de rencontre, d’écoute et de conseil. Le 63 B n’est pas une solution définitive mais plutôt un endroit d’espoir qui permet d’envisager une vie d’après qui sera très différente de la vie d’avant.

Vous vous souvenez ?

Vous vous souvenez, c’éétait le 18 juin de cette année 2022. Vous étiez venus de France, de Hollande, de Suisse, d’Italie et même de Belgique. Il faisait chaud et pourtant rien ne pouvait vous empêcher d’être là. Les organisateurs (« un lieu de vie pour EHS » et « Ma vie en mode avion ») n’en sont pas restés sur cet évènement et se sont déjà mis à l’ouvrage pour faire du deuxième rassemblement un évènement encore plus retentissant. Le choix de la date est le 17 juin 2023, pour être en phase avec la journée mondiale du 16 juin. Le lieu, on prend le même et on recommence. Le programme, on est occupé à y mettre la dernière main. Les participants, c’est vous qui viendrez à notre rencontre et à la rencontre d’autres EHS pour partager ce moment inédit. Les surprises, ce seront des surprises à révéler le18 juin 2023.

Depuis le rassemblement de cette année 2022, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. La maison blindée est terminée et reçoit maintenant des EHS pour des séjours d’1 semaine ou un logement de passage pour les voyageurs en quête de trouver un lieu protégé sur leur chemin. Nous avons suivi des formations pour mieux appréhender le sujet et surtout, nous avons échangé et partagé nos conseils avec de nombreuses personnes. Les pathologies croisées cette année vont du burnout à Parkinson en passant par l’ autisme, le diabète et les autres saloperies dont le simple nom suffit à nous faire tressaillir.

Notre accueil ne se limite pas à un simple toit, il consiste surtout en échange d’expérience, en partage de savoir et en écoute. Au plaisir de vous revoir ou de vous rencontrer pour la première fois le 17 juin 2023 dans une zone encore blanche, chez nous à Rièzes.

Carte blanche

 Des technologies sans fil mais pas sans risques

En juin dernier, nous étions une centaine de personnes rassemblées dans une des rares zones de Wallonie encore préservées de toute couverture de réseau cellulaire (appelées “zones blanches”). Nous voulons aujourd’hui porter un message commun : il est urgent de susciter une prise de conscience collective autour du danger sanitaire des technologies sans fil, qui concerne tout le monde, et d’organiser une meilleure inclusion quant au handicap que les ondes électromagnétiques suscitent.

Légende : Photo prise à l’occasion du rassemblement international des électrohypersensibles (EHS) du 18 juin 2022 organisé par deux associations, Un lieu de vie pour les EHS et Ma Vie en Mode Avion, avec une centaine de participants. Le message de la banderole est un clin d’œil à un documentaire sur le sujet, “Cherche zone blanche désespérément”, réalisé par Marc Khanne en 2013.

En juin dernier, nous étions une centaine à nous rassembler dans une des dernières zones préservées des ondes en Wallonie. Pourquoi ? Toutes et tous, nous développons des symptômes à proximité d’appareils et d’antennes de télécommunications sans fil: wifi, 4G, oreillettes Bluetooth, téléphone fixe sans fil DECT, antennes téléphoniques à proximité du domicile, etc. Pour beaucoup d’entre nous, les premiers symptômes n’ont pu être diagnostiqués à temps car confondus avec d’autres pathologies, cela a entraîné une évolution très handicapante des symptômes: maux de tête, oreilles qui brûlent, problèmes de concentration, picotements dans les membres, acouphènes, troubles du sommeil, nausées et impression de cerveau qui brûle, fatigue extrême, mémoire à court et à long terme défaillante …

Des symptômes diagnostiqués … souvent trop tard

Bien souvent, ces symptômes nous ont contraints à arrêter un travail dont les locaux étaient saturés de wifi, à déménager, à partir à la recherche d’un logement à l’abri des rayonnements. Car une fois l’affection déclarée, un seul remède efficace existe: l’absence d’exposition électromagnétique. Malheureusement, sur le terrain, les professionnels de la santé ne sont pas suffisamment et/ou correctement (in)formés pour détecter ce trouble de santé environnemental émergent, alors même qu’il incommode une personne sur vingt en Suisse (1) et en France (2).

La websérie Ma vie en mode avion, réalisée par des personnes électrohypersensibles, explique ces différents symptômes et le handicap qu’ils représentent. A consulter sur www.mavieenmodeavion.com.

Aujourd’hui, le smartphone s’est accaparé une place à table, entre le café et le croissant. Des compteurs d’électricité communicants s’imposent un peu partout dans les maisons, et les transports publics sont saturés de smartphones émettant à la fois bluetooth, 4G et wifi. Au brouillard électromagnétique existant viennent encore s’ajouter de nouvelles émissions, liées à la 5G notamment. Vous l’aurez compris, loin de trouver des solutions à notre handicap, l’ambiance générale est à la multiplication des technologies sans fil. Aux problèmes de santé s’ajoute ainsi une contrainte de taille: l’exclusion sociale.

Une société du tout-aux-ondes ?

A bien des égards, nous nous comparons volontiers aux asthmatiques des années cinquante. A l’époque, tout le monde fumait dans les transports en commun, chez soi, en rue, dans les cafés et partout ailleurs, malgré les preuves pourtant accablantes du lien entre le tabagisme et le cancer du poumon. Par manque de “consensus scientifique”, savamment orchestré par les “marchands de doute” de l’industrie du tabac (3), la prise de mesures de santé publique a nécessité des décennies… Les asthmatiques devaient avoir la vie dure. Aujourd’hui, le processus est identique: nous voilà baignés dans un électro-smog permanent, alors même que le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une agence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), classe les rayonnements électromagnétiques des réseaux mobiles en «catégorie 2B, cancérogènes possibles» depuis 2011. En outre, cette classification est en cours de réévaluation par le CIRC depuis la publication de deux études ayant mis en évidence le lien entre une exposition similaire à celle que nous subissons et la survenue de cancers et de lésions de l’ADN chez les rats (4).

Concernant l’électrohypersensibilité, la recherche progresse: une étude parue en 2020, menée sur 700 patients français, montre des variations communes de certains marqueurs sanguins et explicite les mécanismes biologiques qu’entraîne l’exposition aux ondes électromagnétiques (5).

En Belgique, un millier de médecins et travailleurs du secteur paramédical ont signé un appel pour l’application du principe de précaution au sujet des rayonnements électromagnétiques. Leur constat? «L’innocuité de l’exposition omniprésente et prolongée aux rayonnements électromagnétiques de radiofréquences n’a jamais été démontrée. Au contraire, les preuves de sa nocivité s’accumulent». Nous invitons les curieux.ses à lire leur rapport sur   www.hippocrates-electrosmog-appeal.be.

Vous avez dit “conflits d’intérêt”?

Comme jadis pour le tabac, nous observons aujourd’hui des conflits d’intérêts flagrants dans l’établissement des normes appliquées aux rayonnements. Les députés européens Klaus Buchner et Michèle Rivasi ont commandité une enquête sur l’indépendance de l’institution privée ICNIRP (Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants) et de ses membres (6). L’enquête démontre notamment que la majorité des scientifiques de l’ICNIRP, organisme considéré comme la référence en matière de protection contre les rayonnements non ionisants, ont effectué des recherches partiellement financées par le secteur des télécommunications, et que l’organisme coopère étroitement avec ce dernier.

Le responsable de l’ICNIRP reconnaît lui-même, face caméra, ne savoir nullement vers quoi nous nous dirigeons, au niveau sanitaire, concernant la 5G (7). Rien d’étonnant à cela puisque les recommandations de l’ICNIRP ne prennent en compte que l’effet thermique immédiat de l’exposition aux rayonnements, elle ne tient pas compte des nombreux autres effets, biologiques, à court et long termes sur la santé humaine. Pour établir un parallèle parlant, on s’accordera pour dire que fumer un paquet de cigarettes par jour n’entraînera pas le développement d’un cancer du poumon tout de suite… Mais qu’en est-il des effets à long terme d’une consommation régulière?

En Belgique, en raison de l’arrivée de la 5G, les trois régions ont diminué la protection des citoyens face à la pollution électromagnétique, et les normes régionales ont été ou sont en train d’être relevées. En région bruxelloise par exemple, le projet est de remonter la norme de 6 V/m à 14,5 V/m. Exprimé en termes d’exposition, c’est 5,8 fois plus élevé. Certes, c’est en-dessous de la recommandation de l’ICNIRP (environ 8 fois moins), mais c’est plus de 50.000 fois supérieur aux recommandations établies par l’Académie européenne pour la médecine environnementale (EUROPAEM), qui prennent en compte les effets biologiques à court et long termes (8).

Nos demandes : une reconnaissance et une hygiène électromagnétique collective

Nous, électrosensibles, sommes victimes d’un arrêt brutal du respect de la plupart de nos droits: le droit à un environnement sain, le droit de mener une vie professionnelle, le droit de fréquenter les lieux publics, culturels ou d’éducation, le droit à un logement sain … Où sont passés nos  droits fondamentaux? Même les hôpitaux sont des lieux aujourd’hui saturés en rayonnements, où allons-nous pouvoir être soignés sans devoir subir une souffrance accrue dans un lieu où l’on devrait pouvoir se régénérer?

Tout cela pose la question de la place qu’on nous réserve dans un monde du tout-aux-ondes. Pour garantir notre droit à une vie décente, une reconnaissance de l’électrohypersensibilité par nos autorités est une urgence. Le besoin est urgent de logements et de lieux de travail adaptés, de même pour des transports et des lieux de soins qui nous soient accessibles, comme en Suède (9). Des solutions pragmatiques existent, mais il faut les moyens et le soutien des autorités fédérales et régionales pour les mettre en place. Il est temps que nos élus et ministres de la santé puissent nous rencontrer pour mieux comprendre comment et dans quelle mesure ce “syndrome des micro-ondes” impacte notre quotidien.  En effet, l’électrohypersensibilité rentre pleinement dans la définition du handicap de la Convention relative aux droits des personnes handicapées de l’ONU (10): “incapacités, physiques, mentales, intellectuelles ou sensorielles durables dont l’interaction avec diverses barrières peut faire obstacle à leur pleine et effective participation à la société sur la base de l’égalité avec les autres”.  Cette même convention stipule encore que toutes les personnes concernées doivent pouvoir jouir de tous les droits humains.

Plus largement, puisque prévenir vaut mieux que guérir, nous demandons des campagnes d’information adressées au grand public sur les risques réels et sur des gestes de précaution minimaux à adopter face à ces technologies sans fil; il est impératif de mettre en place des mesures de prévention sanitaire dans tous les lieux accessibles au public, à l’instar de ce qui a été fait pour le tabagisme.

Auteurs :

Cette carte blanche a été développée en intelligence collective par la centaine de personnes électrohypersensibles présentes au rassemblement de juin dernier.

> Email de contact : mavie@enmodeavion.eu

Avec le soutien de :

Médecins et scientifiques en lien avec électrohypersensibilité :

  • A.R.I.E.M. – L’Association pour la Recherche Internationale sur l’Electrohypersensibilité (EHS) et la Sensibilité Chimique Multiple (MCS)
  • Pr Dominique Belpomme, Oncologue
  • Philippe Irigaray, PhD, Paris
  • Les initiatrices de l’Electrosmog Hippocrates Appeal Belgium :
    • Dr Magali Koelman, médecine environnementale, membre de l’A.R.I.E.M.
    • Dr Vinciane Verly, médecin généraliste
    • Dr Sophie Scheffer, médecin généraliste
  • Pr André Vander Vorst, Prof. Ém. UCLouvain, Belgique
  • Jacques Lintermans, Docteur en Sciences
  • Dr Carlos Sosa, Médecin, Colombie

Associations et personnes en lien avec l’électrohypersensibilité :

  • Ma Vie en Mode Avion, websérie sur l’électrohypersensibilité
  • AREHS asbl – Association pour la Reconnaissance de l’Electrohypersensibilité (en Belgique)
  • VEHS – Vereniging Electrohypersensitiviteit Vlaanderen
  • Un lieu de vie pour les EHS
  • Michèle Rivasi, députée européenne, Présidente de l’Association Zones Blanches (AZB)
  • Pr André Vander Vorst, Prof. Ém. UCLouvain, Belgique

Associations et personnes de tous horizons :

  • Francis Leboutte, ingénieur civil

Professionnels du secteur (para-)médical :

  • Dr Nicolas Whenham, Oncologue
    • Dr Philippe Antoine, Neuropsychiatre
    • Dr Michel Glibert, Médecin généraliste
    • Marie-Paule Peuteman, Psychothérapeute
    • Dr Fanny Bastogne, Médecin généraliste
    • Dr Véronique Vanham, Dentiste
    • Dr Corinne Bleyenheuft, médecine physique
    • Dr Filip Moerman, MD, MSc, DTM 
    • Dr Florence Boucquey, Médecin généraliste

Sources :