Les électrohypersensibles émergents

Depuis quelques semaines, nous sommes contactés par des électrohypersensibles émergents. J’entends par ce terme, des personnes qui découvrent un certain nombre de troubles que leur médecin et les examens cliniques n’arrivent pas à expliquer ou à soigner. Ces personnes n’ont aucune connaissance du phénomène de l’électrosensibilité mais en on entendu parler vaguement. Pour nous, dans nos contacts, c’était au départ principalement des EHS confirmés qui avaient déjà effectué un long périple avec leurs symptômes et suivi de nombreux régimes ou traitements, c’était la première vague. La deuxième vague semble différente, elle continue à utiliser un GSM, elle vit principalement en milieu urbain et commence à se poser des questions suite à divers troubles. Les médecins sont impuissants, ils proposent plus des somnifères, des calmants, des anxiolytiques et des traitements psy qu’une réelle prise en charge.
Je demande à ces personnes leur adresse pour me faire une idée via les sites d’antenne de leur exposition dans leur lieu de repos. Je suis effaré surtout en France, par le nombre d’antenne en milieu urbain, le nombre d’opérateurs et les bandes de fréquence utilisées en plus d’une 5G quasiment omniprésente. Je ne suis plus allé dans une grande ville depuis plus d’un an et il est certain que je n’y mettrai plus les pieds de mon vivant.
L’accueil des EHS émergents de la deuxième vague est fort différent car ils doivent encore passer par des phases de connaissance de la problématique, de colère, de révolte, de dépression et enfin de fuite avant d’envisager sereinement des solutions. C’est un long chemin.

Le choix du logement pour l’EHS

Première semaine de 2022 très riche en échanges, en rencontres et en accueil. Beaucoup de questionnements sur les possibilités de refuge pour les EHS, le tout dans un contexte social tendu avec de nombreuses restrictions de mouvement et un Covid omniprésent. Nous offrons actuellement diverses solutions pour le logement et j’ai décidé de compléter notre offre par la bergerie avec une belle botte de foin et des moutons pour tenir chaud. C’est de l’humour naturellement mais quand je vois ou j’entends ce à quoi les EHS sont prêts pour trouver une solution, je me dis que la bergerie ou le poulailler pourrait très bien convenir du moment que l’on reste en zone blanche. Beaucoup me parlent de Tiny house, c’est une option que j’ai également envisagée en son temps mais vivre à deux confinés dans 12 m² me semble une solution utopique à terme. La Tiny peut sembler une solution intéressante pour les budgets limités mais il faut tenir compte de la difficulté de trouver un lieu pour la placer et des difficultés techniques aussi bien au niveau de la protection contre les ondes basses et hautes fréquences que des difficultés sanitaires. La difficulté pour trouver un lieu réside d’abord dans l’absence de zones blanches et ensuite dans les difficultés administratives au niveau logement. J’ai donc fini de chercher dans cette direction qui semblait alléchante au départ.
Trouver un terrain en zone habitable qui ne serait pas trop exposé aux antennes et assez éloigné des voisins (une zone blanche) relève presque de l’impossible actuellement en Belgique comme en France. Il faut également tenir compte des projets à venir de couverture complète des territoires pour permettre aux futures voitures sans pilote de parcourir en toute sécurité grâce à la 5G l’ensemble du territoire.

C’est quoi une zone blanche ? Quelle distance des antennes ? Combien de mètres entre les voisins et votre habitation ? Possibilités de trouver ou d’exercer un travail ? Quid des écoles pour les enfants ? Quid des déplacements pour les courses ? Ce sont toutes des questions qu’il faut se poser en plus des problèmes inhérents à la protection du logement contre les ondes.

On avance, on avance c’est une évidence

C’est laborieux, c’est lent, il fait froid, il fait humide et je me suis blessé. J’avoue que ce dernier mois, ce fut très pénible au niveau de l’avancement des travaux. La belle énergie du début a laissé doucement place à une forme de lassitude et de découragement. Cette pluie, cette humidité extérieure, la difficulté de se procurer les matériaux et les augmentations de prix ont durement sapé mon moral. En plus, pour simplifier le tout, j’ai également réalisé des travaux d’aménagement dans notre maison d’habitation pour mieux recevoir les EHS. Ce fut également un gros travail en quelques jours.
Heureusement aussi que derrière tout petit homme se cache une grande femme. La mienne a du renoncer fin 2021 à son travail d’infirmière à domicile en raison d’une exposition trop importante aux ondes. Oui, elle est également EHS et cela devient compliqué de devoir travailler avec une tablette connectée en 4G, un GSM, le WIFI et le DECT des patients. Voyons le bon côté de la chose, elle m’aide pour le moment à porter les choses trop lourdes comme le plan de travail de la cuisine. Cette petite digression pour aborder une problématique essentielle ches les EHS : quel travail possible pour un EHS dans un monde hyperconnecté ?
Suite au prochain numéro.

Un témoignage poignant

L’image de ce texte a été prise à proximité de Nismes en Belgique C’est un site géologique unique dont la photo devait me servir à illustrer des recherches que nous faisons actuellement pour trouver des sites à visiter pour permettre aux EHS de sortir à l’extérieur dans des endroits non-exposés. Nous recensons actuellement différents lieux et allons mesurer sur place pour vérifier l’innocuité de l’endroit.
Seulement voilà, hier soir, un appel de Paris vers 20h30 et une personne en larmes au téléphone. Cette personne me décrit à grand peine sa douleur et son récit poignant me fait immédiatement penser à ces paysages torturés que nous avons observé. Il me décrit comme des pierres saillantes qui lui traverse la peau et cisaillent son corps. Il me parle de brûlures et de l’impression que sa tête est prête à exploser. Il s’est présenté aux urgences d’un hôpital et il a été mis dehors avec le conseil d’aller voir un psy et de prendre un anti-douleur. Son témoignage a duré une bonne dizaine de minute et j’étais totalement impuissant. Le seul endroit où il trouvait un peu de répit se trouvait dans les caves du conservatoire. Dans son appartement, il n’arrivait plus à dormir et il était obligé de se réfugier dans ces caves pour trouver un peu de repos.
Des témoignages comme le sien, j’en reçois en permanence, des études prouvant les effets pervers des ondes, j’en lis tous les jours, et pourtant rien ne bouge dans un univers numérique qui ouvre grand les portes à la 5G et à la consommation de données. Mais où est l’être humain dans tout cela ? Où est encore la place du vivant ?

Recevoir un EHS

Recevoir chez soi une personne électrohypersensible n’est pas un fait anodin. Ce sont à priori des personnes que l’on ne connait pas avec des habitudes différentes des nôtres et avec des attentes par rapport à leur problématique. Un EHS va venir avec ses craintes, ses peurs que l’endroit ne correspond pas exactement à ses attentes chez des inconnus qui promettent monts et merveilles contre monnaie sonnante et trébuchante. L’EHS est souvent astreint à un régime alimentaire particulier avec des intolérances. Au début, nous avons commis des erreurs dans notre façon de recevoir en croyant innocemment sauver le monde. Nous avons vité déchanté avec des personnes qui avaient en réalité d’autres pathologies. Nous ne sommes pas des psy, nous proposons simplement un lieu ou la personne va pouvoir se poser et restructurer sa démarche face à ce handicap moderne. Nous avons tous besoin de récupérer dans un environnement protégé pour permettre au corps et à notre cerveau de se regénérer et organiser le futur pour le rendre vivable. Notre expérience de couple EHS en zone protégée des ondes, nous a permis sans traitement, sans grigris et sans croyances de recouvrer notre santé et d’envisager l’avenir de façon plus sereine. Nous vous souhaitons de trouver aussi vos solutions.

Trouver un endroit pour EHS

Trouver un lieu de vie pour EHS, a impliqué pour nous 1 an de recherche et plus de 10000 km parcourus. Notre recherche s’est limitée à la partie francophone du pays sans critère exclusif au départ. Nous parcourions chaque jour les offres sur internet et nous n’avions plus après quelques semaines qu’à vérifier les biens nouveaux proposés à la vente ou à la location en Wallonie. Le travail suivant consistait à appeler les agences pour obtenir les adresses précises des biens et les situer sur carte par rapport aux antennes et quand enfin, nous trouvions un bien susceptible de convenir, on se rendait sur place pour mesurer et vérifier. Ce travail de fourmi, nous avait permis de trouver 4 lieux susceptibles de convenir, s’ajoutaient alors d’autres critères comme le prix, l’état du bien et les facilités avoisinantes pour les courses et le travail. Le reste de la procédure relève de démarches habituelles auprès des banques, notaires et administrations. Le travail est selon notre expérience plus facile à réaliser en Belgique qu’en France car la législation sur les normes d’émission est plus favorable pour les EHS en Wallonie pour le moment. Voilà, le Lieu de Vie que nous proposons existe, ce n’est pas une utopie mais le résultat d’un travail. Il nous a permis de revivre et de recouvrer la santé sans prendre de traitements médicamenteux, sans chélation ou opération dentaire invasive. L’endroit n’a pas non plus nécessité de couteux travaux d’aménagement pour se protéger. Voilà notre démarche d’EHS et ce n’est que le début de nombreuses autres aventures.

Le bout du monde

Le bout du monde. Notre lieu de vie à l’abri des ondes est bien entendu situé au bout du monde dans un endroit inaccessible pour s’éloigner au maximum des sources émettrices. Cet endroit est cependant à moins de 3 h de Paris et à moins de 2h de Bruxelles. La petite carte avec les distances estimées en temps vous donnera un petit aperçu des distances pour rejoindre ce petit coin de paradis pour EHS.Concrètement et pour rappel, le site est situé à plus de 3,5KM des antennes et à 150 m des voisins. Il est également protégé par la topographie et par la végétation dense qui l’entoure. Le terrain est entouré de prairies avec des chevaux et quelque vaches, pas de cultures, pas de pulvérisation. Qu’on se le dise.

Sapin de Noël

Comme beaucoup, nous aurions pu choisir notre sapin chez un marchand et le décorer à l’intérieur de la maison. Nous préférons chaque année laisser cet arbre poussé dans son environnement naturel sans décorations. Les mésanges qui le visitent font des boules de Noël vivantes très agréables à observer. L’EHS n’est pas fait, lui non plus, pour vivre enfermer dans une cage surchauffée, avec le temps, il perd aussi ses épines et devient fou à tourner en rond dans sa prison. Un Lieu de Vie est un endroit préservé aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Il permet aux EHS de sortir et de respirer sans se couvrir le corps de vêtements de protection. Il peut marcher pieds nus dans l’herbe pour se décharger des tensions accumulées durant la journée et continuer à exister sans qu’on lui coupe systématiquement le tronc pour des inepties technologiques dont le sapin comme moi n’avons pas besoin pour vivre. Joyeux Noël à tous et au plaisir de vous recevoir dans notre havre de paix électromagnétique.

Loi, règlement, normes

La loi, les règlements, les normes sont faits pour aider les citoyens à vivre en harmonie avec leur environnement et leurs concitoyens. Entreprendre ou même simplement vivre implique un respect permanent des décisions écrites pour notre bien. Que cela soit la construction d’une maison, il faut respecter les règles de l’urbanisme, que ce soit le simple hébergement d’EHS, il faut respecter les normes en matière d’incendie, d’installation électrique, payer les droits à la Sabam et se faire contrôler par l’AFSCA, que ce soit dans votre gestion du sommeil, vous devez dormir avec la CPAP minimum 4 heures par nuit pour pouvoir conduire un véhicule automoteur, que ce soit pour boire un café en terrasse, il faut présenter un pass sanitaire, …. La liste est infinie et il semblerait que pour pouvoir vivre ou simplement respirer il faille suivre des normes.

Qui décide de ces normes ou de ces règlements, des organismes, des intérêts financiers, des ordres, parfois le législateur à travers ses parlementaires élus. Ordre des médecins, ordre des désordres, ICNIRP, … , sont des institutions mises en place pour établir et surveiller la bonne application et le respect de ces normes. Il semblerait pourtant que parfois on ne comprenne plus les fondements de ces règlements en opposition avec le simple droit à la vie, à l’envie d’entreprendre et d’aider son prochain.

Je vais donc m’asseoir sur ma terrasse et ne rien faire en espérant ne pas déroger par ma simple présence aux règlements sur les zones à intérêt paysager dont mon lieu de vie bénéficie.

Tout cela pour dire que je dois entreprendre des démarches administratives et payer des droits et des experts pour rendre mon lieu de vie pour EHS compatible avec les normes. On vit vraiment dans un monde de folie.

Je dors

Il ya maintenant plus de deux ans, je passais ce test au laboratoire du sommeil. La conclusion était sans appel, ronflement et apnée du sommeil. Traitement, utilisation d’un appareil respiratoire pour dormir appelé Cpap. Plus de deux ans que je me couche tous les soirs avec cet appareil sur ma table de nuit. Les petits ennuis ont commencé immédiatement, nez froid, sécheresse buccale, … mais la technologie a apporté à chaque fois son lot de solutions technologiques comme un tuyau isolé et un humidificateur. Chaque année, je suis convoqué à l’hôpital pour un contrôle de ma bonne utilisation de cet appareil. Je dois justifier d’un minimum d’heure d’utilisation par nuit pour pouvoir bénéficier du remboursement de la mutuelle, sinon c’est à moi de payer la totalité du coût de la location (+/- 65 € par mois). Je ne dors plus bien depuis que j’utilise cet appareil et mon temps de sommeil ne dépasse plus les 3 heures par nuit. Je me suis donc plaint de la chose durant le contrôle de l’année dernière en disant que je ne voulais plus l’utiliser. On m’a alors menacé de retirer mon permis de conduire car un arrêté Royal régit l’utilisation de cet appareil en cas d’apnée du sommeil et impose son utilisation. Je risque la vie d’autrui par des pertes d’attention en conduisant un véhicule donc je me vois obligé de continuer. Retour à la maison et sous la contrainte, j’obtempère en remettant ce foutu appareil en marche tous les soirs.

Mon épouse a également le sommeil très perturbé. Je me couche vers 8h le soir et je me réveille entre minuit et 1h du matin en arrachant ce foutu masque. Je commence alors à tourner en rond dans mon lit avec le corps perclusde douleurs musculaires et des idées noires en tête. Je suis content de me lever à 5 h. En réalité je ne rêve plus, je n’ai plus de période de sommeil paradoxal.

Par hasard, récemment, une petite vidéo a attiré mon attention avec pour objet la mise à la terre de ce genre d’appareil. Sur le fait, j’ai pris mon appaeil de mesure et j’ai contrôlé le champ électromagnétique de cette CPAP. Je suis tombé sur mon cul devant les résultats et empiriquement, j’ai tiré la prise définitivement. Depuis maintenant un mois, je dors et je rêve. Je n’ai plus de douleurs musculaires, je n’ai plus de maux de tête au lever et je suis content de rester dans mon lit pour faire la grasse matinée.

Je suis à nouveau convoqué à l’hôpital pour un contrôle de mes statistiques de sommeil (c’est enregistré sur une carte mémoire) et je vais certainement perdre le droit de conduire ma voiture mais j’ai gagné le droit de dormir et cela n’a pas de prix.