L’avenir

Pendant que nous perdons notre temps et notre énergie à lutter contre une petite bêbête, d’autres construisent notre avenir.

« Le projet Starlink doit permettre de fournir internet à des utilisateurs depuis l’espace. Quelque 300 satellites ont déjà été placés en orbite, et ce nombre doit rapidement augmenter, potentiellement jusqu’à 42.000.
La constellation devrait être mise en marche pour le nord des Etats-Unis et le Canada dans l’année, avec une couverture mondiale prévue pour 2021.
Elon Musk n’a pas donné de détails sur le futur prix de son service. La puissance sera suffisante pour regarder sans problème des films en haute définition ou jouer à des jeux vidéo sans temps de latence sensible.
Le terminal permettant de recevoir le signal ressemblera à « un ovni sur un bâton », a-t-il dit, assurant que son installation serait très facile. « Le coffret contiendra uniquement deux instructions, qui pourront être suivies dans n’importe quel ordre: pointez vers le ciel, et branchez. »
L’antenne s’alignera alors automatiquement avec un des satellites.
Le service vise en priorité le marché de niche des utilisateurs vivant dans des régions isolées, ce qui ne menace donc pas les entreprises de télécommunications traditionnelles, selon Elon Musk.
Elon Musk espère à terme gagner 3 à 5% du marché mondial de l’internet, une part évaluée à 30 milliards de dollars par an. »
(AFP,Publié le mardi 10 mars 2020 à 12h09 – Mis à jour le mardi 10 mars 2020 à 12h14)

La quarantaine

Le jeu de mot était facile, mais cette quarantaine je la connais déjà depuis longtemps. Je n’ai pas attendu le covid 19 pour me retirer un peu du monde. Les technologies basées sur les ondes m’ont obligé à m’exiler complètement du monde des vivants biens pensants. J’ai fait une tentative de sortie en janvier pour manifester contre la 5 G et j’ai réintégré mon univers avec une grippe carabinée. Les mêmes symptômes évoqués maintenant au téléphone me conduiraient certainement vers l’hôpital le plus proche.

La quarantaine est une situation que les EHS connaissent bien, ils ont déjà appris à survivre en dehors de cette civilisation. Nous avons même développé des techniques de survie qui ne dépendent plus des technologies récentes. Nous cherchons en permanence des zones blanches qui disparaissent chaque jour. J’ai bon espoir que mon lieu de vie reste à terme une zone blanche ouverte à l’accueil de mes semblables. En attendant, la tente de protection sera à nouveau disponible dans une dizaine de jour. Pour vivre heureux, vivons couverts et masqués.

Atchoum est mort

Les sept nains ne sont plus que six. Atchoum a succombé. Vous ne le saviez pas ? Pourtant c’était cuit d’avance, il était dans une maison de repos et avait reçu pour son anniversaire un téléphone sans fil qui traînait très fier sur sa table de nuit. C’était pratique pour avoir ses enfants en ligne. C’est un cadeau de Simplet, enfin de nous tous.

Atchoum était très âgé et non prioritaire. Sa chambre se situait à côté du bureau des infirmières équipées de WIFI et il avait vue sur le parc où trônait une antenne de plusieurs G. Il ne se sentait pas très bien tous les jours et cette panoplie de médicaments à avaler pour son coeur, sa tension et ses acouphènes commençaient à lui peser. On n’avait rien trouvé d’efficace pour arrêter ses éternuements.
Il avait la TV dans sa chambre et allait encore manger à midi avec les autres nains. Il aimait ce moment privilégié ou tout le monde se rencontrait avec Blanche Neige, la directrice de la maison de repos.

Depuis quelques jours, le médecin ne vient plus le voir et les infirmières sont emmaillotées dans des plastiques. Il ne peut plus descendre au mess pour voir ses amis. Il est isolé dans sa chambre. On ne l’entend plus éternuer et son nom a été retiré de la plaque d’identification sur la porte. Atchoum, n’est plus, vous avez pu prendre connaissance de sa disparition dans une statistique officielle.

Le battement d’aile d’un papillon

Oui, c’est vrai, le battement d’aile d’un papillon de l’autre côté de la terre peut influencer notre quotidien. On ne se rendait pas vraiment compte de cette réalité mais avec la mondialisation de notre société, un éternuement en Chine provoque une chute du prix du baril de pétrole sur le marché mondial. Les fabricants de GSM tournent au ralenti et les ventes s’en ressentent. Notre monde a déjà connu plusieurs civilisations et celle-ci semble avoir trouvé son maître en la personne d’un petit virus.

On ne parle plus beaucoup des effets secondaires des ondes, le sujet semble déplacé en ces temps de panique mondiale. Je n’ose imaginer le désastre si demain on affirmait que la technologie des ondes était cancérigène et avait un impacte sur notre santé même à de faibles expositions.  La problématique de la 5G me semble déjà bien lointaine en ces temps futurs de récession, pourtant nous restons tous exposés aux mêmes sources. En Belgique, les médecins donnent les consultations à distance pour ne plus être en contact avec une source éventuelle de contamination. La 5 G pourrait bien refaire la une comme outil de soin à distance pour le futur. On ne peut plus se serrer la main ou se faire la bise, pas de soucis, on se téléphone. On va ainsi accroître et justifier la demande sans cesse croissante d’antennes et de connections WIFI.

Un petit coup de gueule en matière de soins à domicile. Mon épouse infirmière à domicile n’a reçu aucune information concernant cette épidémie et les moyens de protection mis à disposition sont manquants. Le principe de précaution est un principe devenu obsolète, mais nous les EHS on le sait depuis longtemps.

Je me lave les mains

Comme Ponce Pilate, je me lave les mains pour éviter la contagion. Je n’oublie surtout pas de nettoyer également mon smartphone que je trimbale toute la journée contre mon visage et que je dépose un peu partout autour de moi. Le Pilate moderne dirait « sans doute », je m’en lave mon GSM. L’attitude nos gouvernants dans cette épidémie qui devient rapidement une pandémie est un discours rassurant faisant appel aux plus éminents spécialistes. Ces derniers se réfèrent aux chiffres, aux normes, aux statistiques et à leurs diplômes pour nous dire que tout va bien dans le meilleur des mondes. La 5 G ne représente pas de danger. La Belgique est prête à faire face à une épidémie, c’est comme une grippe, la route tue plus.

Si les avis sont aussi rassurants pour la 5 G que pour le covid-19, il y a de quoi commencer à paniquer. L’EHS, derrière son voile de protection anti-onde a peut-être l’air moins ridicule. Il manque de masques, pas de problèmes, vous pouvez toujours utiliser le slip en coton de votre épouse sur votre tête. Elle porte des strings, pas de chance pour vous.

Un dernier conseil pour les utilisateurs de smatphone, tremper le une heure dans une solution avec de l’eau de javel. Quand ça commence à faire des bulles, il est propre. S’il ne fonctionne plus vous sauvez 2 catégories de gens par ce simple geste, les EHS et vos contemporains.

Le nombre

Dans la série télévisée, le prisonnier, de la fin des années 60 Patrick McGoohan incarnait le « Numéro 6 ». Aujourd’hui, la presse, le politique nous gavent de chiffres et de statistiques. Si on prend la pluviométrie de ses dernières 100 années, tout est normal, on est dans la moyenne. Mais moi, je vous dis que ça mouille. Les ondes sont en dessous des normes les plus sécurisantes, mais moi je vous dis que ça fait quand même mal.

On nous ramène tout à des chiffres, à des statistiques mais on ne parle plus des individus qui se cachent derrière ces nombres. X morts du coronavirus dans le monde, moins que les X morts de la grippe saisonnière et que les X morts des maladies cardiovasculaires. Mais derrière ces chiffres, il y a des gens, des humains, des âmes qui ont cessé de vivre.

A la frontière Gréco-Turque, ce sont des individus, pas seulement des chiffres qui tentent de survivre. L’important , comme pour les ondes, est de rester dans les chiffres de la norme. La vie se résume à une donnée statistique qu’on dégomme derrière son masque de réalité virtuelle. Non, je ne suis pas un numéro.

La lithotomie

Cure de la folie ou extraction de la pierre de folie est un tableau de Jérôme Bosch de la fin du XVème siècle. J’adore ce peintre. Les dernières personnes venues séjourner chez moi semblent toutes être passées par ce traitement pour leur problème EHS non identifié par la médecine conventionnelle. Pour répondre à leurs douleurs physiques, des traitements élaborés à base de somnifères et d’antidépresseurs sont prescrits avec des résultats catastrophiques.

Etre EHS dans notre bonne Belgique classée 5ème au rang des pays les plus efficients en matière d’hospitalisation n’est pas une bonne idée. Le constat est simple, en absence d’environnement électromagnétique, les symptômes disparaissent. Ce n’est à mon sens pas une maladie mais bien une réponse saine de l’organisme à une agression extérieure.

Je ne suis pas médecin et je ne prétends pas les remplacer mais je constate simplement un fait et j’en tire des conclusions simples. Nous avons atteint un seuil qui rend la vie impossible aux personnes les plus vulnérables. Alors oui, ils deviennent fous de douleur.

Ma pierre de folie, il y a quelque mois maintenant que je l’ai jetée dans la rivière de mon jardin.

SOS

S.O.S., c’est le cri du coeur entendu ce matin au téléphone. Je ne suis hélas pas équipé pour accueillir des dizaines de personnes et la météo est un peu rude cette année. Bref, un EHS de parti dix de retrouvés. Mon initiative semble rencontrer un certain succès. La tente de protection aussi circule en continu. Je ne sais pas si je dois me réjouir de ces initiatives car je vois naître un nombre croissant de cas avec toujours les mêmes histoires.

Quand je vois l’impact d’un petit virus sur l’économie mondiale, je n’ose imaginer ce que cela serait si on décrétait demain que les ondes de nos portables sont cancérigènes, ce serait l’écroulement et la disparition complète de notre civilisation.

Les problèmes fondamentaux restent une priorité, se loger, se nourrir, se chauffer et gagner de l’argent pour satisfaire ces besoins primaires. De mon ermitage volontaire, tous ces problèmes me semblent encore lointain mais je n’oublierai pas ce cri de désespoir entendu ce matin. Vous habitez en ville et comme la grenouille, ils sont occupés à augmenter progressivement la température de l’eau. Vous avez tous des points d’ébullition à des températures différentes avec une variété de symptômes qui ne facilitent pas l’identification du problème. On est cuit.

Tombe la neige

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Depuis dimanche nous accueillons un EHS, pas de chance pour lui la météo n’est pas au top en cette saison. Pour corser le tout, aujourd’hui nous avons été gratifié de 10 cm de neige. Pas de soucis, pour demain tout est fondu. Cet hiver est long et bizarre. Nous sommes coupés du monde des vivants, surtout avec les coupures d’électricité. Pas de GSM, pas de téléphone, pas moyen de prendre la voiture. Ce mode de vie nécessite une certaine organisation. On est en Belgique et pourtant, nous sommes complètement isolés des bruits, des ondes et du coronavirus.

Plus le temps passe et plus je savoure l’isolement de notre lieu de vie et l’absence de pollution électromagnétique. Le soir, on voit les étoiles car pas de pollution lumineuse et en dehors du chant des oiseaux, pas de pollution sonore. C’est une qualité de vie qui n’a pas de prix et je crois que l’EHS présent chez nous en déguste toutes les nuances à la petite cuillère.

La tente de protection va repartir chez un nouvel hôte pour ce début mars et elle sera ensuite de nouveau disponible. J’aimerais bien la revoir au moins une fois pour la contrôler et compléter l’équipement.

Voir la mer

Pour son anniversaire, mon épouse avait l’idée d’aller un jour à la mer pour se promener sur la plage et changer un peu d’air. Idée splendide qui a malheureusement été avortée dans l’oeuf après avoir consulté les cartes des antennes en France et en Belgique. Il n’y a même plus un mètre de plage sans antenne. Le littoral est complètement couvert en France comme en Belgique. Nous avons donc changé nos plans et décidé d’attendre la montée des eaux pour voir la mer. En attendant, nous avons toujours la rivière dans le jardin qui marque la frontière entre la Belgique et la France.

Pour répondre à certains commentaires concernant la désensibilisation du corps après un long séjour non exposé, ma dernière expérience est négative. J’ai du me rendre à l’hôpital pour une prise de sang et les symptômes oubliés se sont vite rappeler à ma mémoire corporelle. Heureusement de retour chez moi tout cela a vite disparu. En tant que EHS, il vaut mieux ne pas tomber malade car cabinets de médecins ou hôpitaux sont de véritables lieux de torture pour nous. Le pire pour moi est le WIFI après le bluetooth.

L’accueil chez nous va bientôt reprendre et la tente de protection va de nouveau être disponible. Bonne journée à tous.